Trois mamies qui ont décidé de cohabiter dans une résidence autogérée, autonome, solidaire et citoyenne! C’est en effet après la canicule que Thérèse Clerc (76 ans), Monique Bragard (71 ans), et Suzanne Goueffic (72 ans) ont décidé d’ouvrir un lieu à elles, où elles ne seraient plus infantilisées… La maison des Babayagas à Montreuil.

 

Baba Yaga désigne à l’origine, en Russie, une cruelle ogresse dont il faut à tout prix éviter de s’approcher, d’où l’idée de vouloir fuir la prise en charge par l’administration, le pouvoir social et médical. Comme elles l’expliquent, “”Pour les petits soins, nous serons au service des unes et des autres, et pour des choses plus importantes, on appellera le médecin, l’infirmier ou qui droit pour qui en aura besoin”. Chacune a son appartement. Dans ce contexte, elles comptent bien rester le plus longtemps possibles conscientes politiquement, de manière à garder un œil sur la ville, la société et au besoin peser sur les décisions de la municipalité. Il est très important que les vieux et les vieilles demeurent en alerte sur ce qui se passe dans la société”.

 

La maison n’accueille que des femmes, dans une logique à la fois solidaire et écologique (la maison peut accueillir 17 femmes, est éco-conçue - protection phonique et thermique écologiques, eau chaude fournie par panneaux solaires, gestion rigoureuse de l’eau, des énergies et des déchets) et citoyenne (création de lien social, soutien scolaire, transmission de leurs savoirs…).