Dans les entreprises, l'onde de choc se propage. Quitte, parfois, à susciter la grogne. Plusieurs dirigeants perçoivent le texte comme une sanction. Les seniors ont toujours fait partie de leurs préoccupations, mais comme toute entreprise, ils en ont beaucoup d’autres. Or, pour l'emploi des seniors, l'administration brandit le risque de pénalités.

A la décharge des pouvoirs publics, quelque 60 mesures destinées, depuis 2005, à promouvoir l'emploi des seniors, comme par exemple, le recours à des CDD seniors, sont restées lettre morte. Et le taux d'emploi des salariés de 55 à 64 ans en France plafonne à 38,3 %, contre 46 % en Europe et 70 % en Norvège ou en Suède.

Depuis la publication du décret en mai dernier, les grands groupes se mettent en ordre de marche. A l'instar de L'Oréal, Carrefour  Market ou SFR, qui, achèvent des négociations en vue d'un accord. D'autres, comme SGS, viennent de boucler le leur en septembre. Reste que la démarche prend du temps.

La loi est souple : à chacun d'inventer son propre modèle.  

Si les grands groupes sont rodés à la pratique, les quelque 26.000 PME, concernées par la loi se sentent plus démunies. En théorie, chacune peut s'abriter derrière un accord de branche. Mais pour l'heure, seuls quatre accords signés ont été déposés à l'administration. Un grand nombre de PME n'ont pas de dispositif. Elles ne se sentent pas prêtes. »