Le nombre de personnes âgées de plus de 50 ans atteintes du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) responsable du sida est  "étonnamment élevé", selon une étude publiée par l'Organisation mondiale de la  santé (OMS) dans son bulletin du mois de mars 2009. Pour l'OMS, le phénomène est "inquiétant". Plus grave encore, le nombre de personnes de ce groupe d'âge infectées par le VIH "pourrait augmenter à  travers le monde, alors que ce n’est pas considérée comme une catégorie à risque.

 

Aux Etats-Unis, dans la population des séropositifs, la proportion de personnes de plus 50 ans est passée de 20 à 25% entre 2003 et 2006. En Europe, la proportion est de 8%.  Au Brésil, le nombre de personnes de plus 50 ans séropositives a doublé  entre 1996 et 2006, "bondissant de 7,5 à 15,7 cas pour 100.000 habitants".

 

La "pénurie" d'informations s'explique en partie parce que les personnes de plus de 50 ans ne sont pas considérées comme une "catégorie à risque", le sida demeurant dans l'esprit des personnels de santé "une maladie de jeunes".

 
Or, plus une personne est âgée, plus vite l'infection au VIH donne lieu au  développement du sida, selon l'étude, ce qui limite les chances de survie du  patient. Au-delà de 65 ans, l'espérance de vie d'une personne infectée tombe à quatre ans, contre 13 ans pour une personne entre cinq et 14 ans.
 
Pour les auteurs de l'étude, l'activité sexuelle semble être le principal  mode de transmission du VIH chez les personnes de plus de 50 ans. L'apparition, à partir de la fin des années 1990, de médicaments érectiles a permis aux hommes de prolonger leur activité sexuelle. Ces personnes plus âgées sont "moins enclines que les jeunes générations à  avoir des rapports protégés". C’est là ou est le danger.